Faut-il laisser tomber les fâchés pas fachos ?

1 Vues· 14 Septembre 2022
Pure Politique
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Ce week end, la fête de l’Humanité, qui a désormais délaissé le parc de la Courneuve pour Brétigny dans l’Essonne, a été le théâtre d’un débat capital pour la gauche. Comment reconquérir les couches populaires qui se sont abstenues ou qui ont voté pour le RN ?
Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF a plaidé pour une société où il n’y aurait plus d’allocations chômage, de revenus de substitution, de primes ou de RSA…

La formule a choqué, certains lui faisant dire autre chose que ce qu’elle signifie. Car dans l’esprit du dirigeant communiste, il ne s’agit pas de marcher dans les pas du gouvernement et de la droite. Le député du Nord prône une société du plein emploi. Un plein emploi qui, par voie de conséquence, devrait entraîner un recours moins fréquent aux aides sociales.

Rien de nouveau sous le soleil. Cette orientation productiviste fut déjà celle du PCF au sortir de la seconde guerre mondiale puis dans les années 70.

Si le dirigeant communiste la remet au goût du jour, c’est parce que la question des aides est devenue sensible sur le plan électoral. C’est en effet un puissant ressort d’adhésion au lepénisme dans les milieux populaires. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure qui intervenait dans le même débat, a expliqué comment s’opérait le basculement chez les moins favorisés de ses électeurs. Ceux qui n’ont presque rien ont le sentiment de s’épuiser à la tâche tandis que d’autres, aussi fragiles économiquement qu’eux, se tournent les pouces.

Ce débat, le député François Ruffin tente de l’imposer au sein de la France insoumise. Depuis la fin de la campagne des législatives, il multiplie les prises de paroles et les expressions médiatiques.

Il y a une dizaine de jours, le député de la Somme a publié un livre sur les leçons qu’il tire de sa campagne électorale. Le titre : je vous écris du front de la Somme. Il insiste sur la nécessité pour la gauche de reconquérir les couches populaires de la campagne.

Ce constat agace au plus haut point Jean-Luc Mélenchon. L’ancien candidat à la présidentielle a profité de son passage à la fête de l’Humanité pour tacler François Ruffin et Fabien Roussel. Pour lui, il faut « arrêter les jérémiades ».

Derrière la posture du vieux chef, il y a une divergence profonde avec Ruffin et Roussel sur la stratégie à adopter.

Dans les allées de la fête, ses lieutenants s’en faisaient les vulgarisateurs. Si l’on dit aux électeurs de Marine Le Pen que sur la question sociale, on est d’accord avec eux, expliquent ces proches, alors on les conforte dans leur vote pour le RN. Il faut au contraire cliver pour les détacher. Donc mettre en avant la question du racisme.

Le débat ne fait que commencer.

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